À propos
Biotechnologie de la reproduction des ruminants à Barbentane
Installé à Barbentane, entre les Alpilles et la Montagnette, Vetik Provence crée un plateau technique dédié à la biotechnologie de la reproduction des bovins et des ovins : ponction ovocytaire (OPU), fécondation in vitro (FIV), ICSI, sexage des embryons, vitrification et transfert embryonnaire. Mon objectif : faire connaître aux éleveurs l’ensemble des possibilités offertes par la biotechnologie de la reproduction et rendre ces techniques plus accessibles sur notre territoire.
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Notre histoire
Après plusieurs années de médecine rurale ambulatoire en Provence, puis un passage par le cabinet vétérinaire de Sanary-sur-Mer, le Dr Julien Avon s’est installé à Barbentane.
Le cabinet Vetik Provence est aujourd’hui le plateau technique de biotechnologie de la reproduction. Il travaille en lien avec la société VETIK IVF Global, qui gère la relation avec les éleveurs : demandes, contrats et facturation. Le Dr Avon reste ainsi pleinement concentré sur la technique.
Notre vision
Notre vision d’avenir : mettre la reproduction artificielle au service des élevages de Provence, pour sauvegarder le patrimoine génétique des races locales, des petits ruminants aux bovins de Camargue.
Une demande d’information sur la biotechnologie ? Contactez VETIK IVF Global sur Instagram (@vetik_ivfglobal) ou le Dr Avon au 06 89 47 41 78.
À partir du 25 octobre : nos premiers travaux
À partir du 25 octobre, nous débuterons une série de travaux consacrés à la biotechnologie grâce au prélèvement d’ovaires de vaches et de brebis en abattoir chez notre partenaire SICA Tarascon.
Ces opérations seront réalisées sous la surveillance des Services Vétérinaires.
L’agrément FR 1301001, acquis le 21 septembre 2026, autorise l’utilisation de sous-produits d’animaux non destinés à la consommation humaine à des fins de diagnostic, d’éducation et de recherche, au titre de l’article L226-2 du Code rural et de l’article 17 du règlement CE 1069/2009 du 21/10/2009.
Découvrir la biotechnologie avec Vetik Provence
De l’entretien avec l’éleveur jusqu’au suivi de la gestation, voici les grandes étapes de notre travail.
Pourquoi avoir recours à la biotechnologie de la reproduction ?
Avant de vouloir obtenir une descendance grâce à la biotechnologie, il faut commencer par se poser une question essentielle : « Pourquoi ai-je besoin de cette voie pour assurer la descendance de mes animaux ? »
L’entretien initial entre le Dr AVON et l’éleveur permet de définir aussi bien les contours techniques que les enjeux éthiques de cette démarche.
Reproduire en laboratoire, in vitro, un processus biologique aussi important que la reproduction peut naturellement susciter des interrogations ou donner le sentiment d’intervenir dans un mécanisme qui devrait rester naturel.
La réponse à ces interrogations passe avant tout par le dialogue et par une bonne compréhension des techniques utilisées. La biotechnologie doit répondre à une difficulté existante dans la reproduction naturelle ou permettre de dépasser un obstacle biologique.
Il arrive par exemple que la rencontre biologique entre deux reproducteurs ne fonctionne pas. Cette difficulté peut être liée à un événement inattendu, à une maladie sous-diagnostiquée ou à un problème d’infertilité concernant la femelle, le mâle ou les deux reproducteurs.
Dans certaines situations, les conséquences peuvent être importantes pour l’éleveur, notamment lorsqu’elles remettent en question plusieurs années de sélection et de travail génétique.
Favoriser la rencontre des patrimoines génétiques
La première étape consiste donc à permettre la rencontre des deux partenaires.
Chez Vetik Provence, nous travaillons directement à partir des gamètes de chaque reproducteur afin de permettre cette rencontre tout en nous affranchissant de certains obstacles biologiques susceptibles d’empêcher la reproduction naturelle.
L’une de nos principales missions consiste à récupérer les gamètes femelles.
Pendant de nombreuses années, les schémas de reproduction des élevages se sont principalement concentrés sur le mâle, notamment à travers l’insémination et la production de paillettes à partir d’éjaculat.
Les pratiques évoluent. Chez Vetik Provence, nous sommes convaincus que l’amélioration génétique passe également par une sélection attentive de la génétique femelle, associée à une génétique mâle choisie avec la même précision.
La biotechnologie nous permet ainsi d’accélérer et de mieux maîtriser certaines étapes de cette rencontre.
Comment récupérer les gamètes femelles ?
Pour obtenir les gamètes femelles, nous disposons de deux possibilités.
La première consiste à récupérer les ovaires en abattoir avant de prélever les ovocytes en laboratoire. Cette méthode peut notamment présenter un intérêt à la suite de la perte accidentelle d’un animal présentant une valeur génétique exceptionnelle.
La seconde possibilité consiste à intervenir directement sur un animal vivant. Sous tranquillisation et anesthésie péridurale, les ovaires de la vache sélectionnée par l’éleveur sont ponctionnés afin de recueillir les ovocytes.
Les structures folliculaires contenues dans l’ovaire sont aspirées et les ovocytes recueillis sont placés dans un tube à essai avant d’être rapidement acheminés jusqu’à Barbentane.
Tri et sélection des ovocytes
Le prélèvement réalisé en élevage est rapidement conduit au cabinet afin d’être trié, lavé et classifié. Nous sélectionnons ensuite les meilleurs ovocytes, ou COC, pour poursuivre le processus.
Cette technique nécessite un environnement parfaitement maîtrisé afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles. Nous contrôlons notamment les températures en continu et veillons à limiter au maximum la présence de polluants dans l’air.
C’est pour cette raison que toute l’organisation de notre travail a été pensée autour de salles équipées d’un air filtré, fonctionnant en pression positive ou négative, ainsi que de hottes à flux laminaire.
L’objectif est de lutter contre les molécules volatiles, les poussières et les différentes sources potentielles de contamination susceptibles d’altérer la qualité du processus.
La maturation des ovocytes
Les ovocytes sélectionnés entrent ensuite dans une phase de maturation in vitro au sein de nos incubateurs.
Après une vingtaine d’heures de maturation, vient le moment de leur faire rencontrer les spermatozoïdes.
FIV ou ICSI : choisir la technique adaptée
La préparation du sperme constitue une étape déterminante du processus. La qualité de la paillette après décongélation nous permet notamment d’évaluer les possibilités de réussite de la rencontre.
Lorsque les spermatozoïdes présentent d’excellentes caractéristiques après décongélation, notamment plus de 50 % de motilité et de survie après test, la FIV peut être conseillée.
En revanche, lorsqu’une semence décongelée se situe en dessous de nos standards de qualité, deux possibilités peuvent être envisagées : changer de semence lorsque cela est possible ou, lorsque nous ne disposons pas d’une autre solution, envisager l’ICSI.
L’ICSI, ou Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïde, consiste à injecter directement un seul spermatozoïde dans l’ovocyte d’un bovin ou d’une brebis. Cette technique est déjà très pratiquée dans le domaine équin mais reste aujourd’hui une démarche rare et non commerciale chez les ruminants.
Pour les prochains mois, notre objectif est de développer et de rendre plus accessible la technique ICSI auprès des éleveurs. C’est l’un des objectifs fixés par Vetik Provence afin d’apporter de nouvelles solutions pour la préservation des races de notre territoire présentant de faibles effectifs et disposant de peu de reproducteurs d’exception encore vivants.
Cette technique peut également présenter un intérêt lorsqu’un reproducteur exceptionnel a disparu mais que quelques paillettes congelées de sa semence ont été conservées pendant de nombreuses années au sein d’un institut de génétique et de reproduction.
De la fécondation à l’embryon
Après la fécondation dans un puits de rencontre ou après l’injection réalisée dans le cadre d’une ICSI, les patrimoines génétiques mâle et femelle se rencontrent. Commence alors le développement de l’embryon.
Pendant environ cinq jours, l’embryon se forme progressivement. C’est à ce stade que nous pouvons commencer à obtenir certaines informations sur ses caractéristiques.
Est-ce un mâle ou une femelle ?
Nous disposons des compétences nécessaires pour réaliser une biopsie sur des embryons bovins et ovins, avec l’objectif d’assurer un taux de survie après biopsie proche de 100 %, notamment grâce à notre microscope inversé ICSI.
Nous prélevons au minimum cinq cellules de l’embryon afin de réaliser une PCR de sexage ou de rechercher une autre caractéristique génétique.
Il peut par exemple s’agir de rechercher le portage du gène Booroola chez les ovins ou celui du bassin large chez les Limousins.
Biopsie, conservation et vitrification des embryons
Immédiatement après la biopsie, les embryons retrouvent leur environnement contrôlé au sein de l’incubateur trigaz.
Après les différentes étapes nécessaires à leur préparation, ils peuvent être destinés à la congélation ou à la vitrification.
Les embryons sont alors conservés à une température de -196 °C en attendant la décision de l’éleveur et l’analyse des résultats obtenus lors de la biopsie.
L’éleveur peut ainsi déterminer quels embryons il souhaite utiliser en priorité.
Les autres embryons peuvent être conservés afin d’être transférés ultérieurement sur une femelle, en fonction des priorités génétiques de l’élevage et des objectifs définis avec l’éleveur.
Le transfert des embryons
Une fois les embryons sélectionnés par l’éleveur, nous procédons à leur remise en température avant leur transfert.
Chez la brebis, les embryons sont placés dans l’utérus sous anesthésie générale gazeuse et par endoscopie.
Chez la vache, le travail est réalisé directement en élevage selon les techniques classiques de transfert embryonnaire utilisées depuis plusieurs décennies.
Lorsque l’embryon a été vitrifié, il doit préalablement être replacé dans une paillette de transfert au cabinet.
Dans les prochaines semaines, nous présenterons nos travaux démontrant l’intérêt de la vitrification par rapport à la congélation et à la décongélation classiques : cette technique permet d’améliorer les taux de gestation, avec des résultats proches de ceux obtenus lors de la pose d’un embryon produit in vivo.
Le suivi de la gestation
À 25 jours : réalisation du diagnostic de gestation après la pose de l’embryon, effectuée à 7 jours.
À 60 jours d’âge de l’embryon : confirmation et vérification de la correspondance du sexe entre le résultat obtenu par PCR lors de la biopsie et l’image échographique.
Cette étape permet d’apporter une confirmation supplémentaire à l’éleveur et au vétérinaire dans le suivi de la gestation.
